mercredi 24 mai 2017

Bredouillages

A San Costantino de Calabro, mon hôte, policier à la ville voisine, m'hébergeait dans sa maison de campagne, demeure familiale un peu à l'écart de la ville qui conservait de son passé outre des photos jaunies et une électricité douteuse qui picotait les doigts quand on touchait les robinets, la persistance d'un verger vivrier toujours entretenu par les plus anciens de la famille. 

J'aidais de mon mieux l'ancien actuel à récolter ses cerises. Les arbres du bas donnaient en premier et la maturité des fruits remontait la pente de jour en jour. Cette récolte me permettait d'étoffer un peu mon Italien bredouillant. Des phrases qui vont trop vite dans un sens mais que le concret de cette tâche pas si étrangère me permettait de comprendre. Et de l'autre des demi-phrases lancées sans conjonction ni grammaire, tentant d'articuler à grand peine et beaucoup de détours, les quelques mots retenus. J'y glissais de ci de là les mots manquants dans un français que je tentais de faire chanter italien. Après tout ce sont 2 langues "latines" pas si éloignées. Les moues réciproques qui jonchaient ses échanges et marquaient l'à peu près de la compréhension, finissaient toujours par se changer en rire. Soit gai et enfin éclairé, soit renfermé et las avec un éventail de la main juste pour clore l'imprécision de ce message que définitivement on n'arrive pas à faire passer. 

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