Je suis en Calabre
Sur la SS18 qui longe le golfe de Santa Eufemia, je croise des cyclistes à la peau noire et au gilet orange, toujours par paires. Leurs visages éreintés ne donnent l'impression ni qu'ils ne viennent de quelque part, ni qu'ils y aillent. Leurs bicyclettes voilées ont dû trop porter le fardeau des breloques qu'ils ont troqué dans les faibles boutiques de bambou et de bâches au bleu qui remplace à peine celui de l'horizon qui leur manque. Et que les toutous, les toutristes viennent chercher ici dans leurs barres d'immeubles mal finis qui obstruent la mer.
Ils vivottent aux abords des cités balnéaires contre quelques maigres euros.
Toujours trop pour les gens d'ici qui me répètent à l'envie, même si la mienne n'est pas, le cacophonique simplisme des journaux d'ignorations, et les appellent "problème".
La nuit arrive, il est à peine 20h.
Après avoir longé un peu cette rivière perpendiculaire de cailloux blanchis dans la promesse d'un bivouac, j'ai planté ma tente sous les oliviers.
A ma droite, écrasante, la montagne qui m'attend demain paraît toute proche.
A ma gauche la mer à moins d'un kilomètre.
Des insectes cricritent
Deux chouettes hululent
Un rossignol pépie pour accompagner les grenouilles
Des aboiements lointains et quelques explosions de moteur me rappellent que des maîtres existent et qu'ils ont peur.
Aux bruits habituels de la nuit s'ajoute le son des bourgeons d'oliviers qui éclatent.
La chaleur est grasse
Quelques rares étoiles me laissent deviner que le ciel est couvert
Ça sent le limon humide
Et tout autour de moi, par centaines, milliers peut-être, les clignotements arythmiques et voletants des lucioles....
Je croyais que ça n'existait que dans les contes. De fait, c'est.
Je chantonne en silence le refrain de "Petite" de L.
J'ai dû m'égarer.....je suis dans un film de Miyazaki
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire