dimanche 14 mai 2017

Mistretta

La voiture, ce progrès du XXe siècle, devenu cancer. Ses métastases se sont répandues partout. Le XXIe n'est pas sérieux, il n'a que 17 ans, il devra se défaire de cette tumeur s'il veut grandir et vivre centenaire. 


La via e bruta ! 

Les personnes qui accueillent le voyageur avec enthousiasme sont toujours plus enclines à le guider vers ce qui fait leur fierté, ou ce qu'ils pensent être l'attendu. La démonstration de leur modernité ou les illustres antiquités. En demandant des détails sur la route qui mène à Nicosia, plus pour s'exercer aux 4/5 mots que je connais et espérer les étoffer, tous me disent que "la via e bruta" (la route est rude, chaotique) avec une moue désolée. Que je ferais mieux de descendre prendre la route de la côte, qu'elle est neuve, qu'il y a la mer, la cathédrale de Cefalù, et caetera. Ce qu'ils ignorent, c'est que c'est justement parce que la via e bruta qu'elle est agréable. Parce que les cassis imprécis font que peu de voitures s'y aventurent. Que pour le cycliste souvent cantonné aux bas-côtés et à ses ordures, ses graviers et ses limites imprécises, seule suffit une bande de voie damée de 3cm, même pas bitumée. Qu'aux voitures qui te frôlent l'épaule gauche, on préfère serpenter entre les trous sur toute la largeur de la route. Parce que sur ces routes les seules voitures qu'on rencontre sont celles qui soulagent le paysan, l'artisan de la corvée. De celles qui maintiennent la ruralité en vie. Et qui prennent la mesure du temps, hors de l'allure effrénée de celles si pressées de rattraper la mort. 



Stephen dronval

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