mardi 16 mai 2017

Ébarbez-les


Quand on débarque en Sicile, on est accueilli par les odeurs de fleurs d'oranger, d'artichaut, de fenouil et d'acacias mêlées. 
On découvre des vieux aux lunettes carrées, fumées et plus grosses que leurs pommettes. 
Ça ressemble à Don Corleone et ça sent la cosa nostra. 
Des barcasses au bruit de mobylette balaient la mer de faisceaux ras-de-l'eau, aux mouvements rapides et précis comme un danseur Géorgien 
On s'attend à ce que déboule une fiat mini toit ouvert aux cris des "aiuto, aiuto !"  A voir Jean-Marc Barr ou Jean Reno sortir de l'eau. 
On est émerveillé par la profusion des couleurs. 
Tout pousse ici : des amandiers, des néfliers, des processions religieuses pour chaque saint, chaque village, plus exotiques que fanatiques. 
Des orangers, des citronniers. 
Quoi de plus ennivrant qu'au milieu d'une côte, le gosier desséché, ramasser sur le bas-côté le citron qui aura profité d'un chaos pour sauter du cageot. 
Le couper aussitôt et s'en enduire le goulot. 
J'ai bien dit sur le bas-côté, parce que ce qui pousse surtout ici, comme partout en Europe, ce sont les barbelés. 
Les propriétés privées et les défense d'entrer. 
Le repli sur soi, la peur de l'autre, et leurs corollaires mobiles : les voitures à bon marché, individuelles et sous-chargées. 
Tout ce qui fait les choux gras des financiers. 
Et dans quelques jours, leurs rois des rois, le G7 arrive à Taormina. 
Aaaaah si tous les actionnaires du monde voulaient bien se donner la main, et bien au moins, on saurait où mettre la bombe. 
D'ailleurs sur votre prochaine déclaration d'impôts, à la rubrique "personnes à charge", n'oubliez pas de mettre tous les actionnaires de bnp paribas, de vinci ou de coca-cola. 

Et je me prends à rêver que le géant Etna qui surplombe Taormina entre en colère dans cette nuit du 26 au 27 mai 2017 et fige les sourires mortifères de ces G-septeurs sous une nuée de pierres ponces.


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